Historique

Antoine Caubet crée sa première mise en scène Le Pupille veut être tuteur de Peter Handke au Lucernaire, à Paris, en 1985. Il fonde à cette occasion la Compagnie Théâtrale Cazaril. Acteur et tout jeune metteur en scène, il monte les années suivantes Les Estivants de Maxime Gorki, puis la première version du Monologue de Molly Bloom d’après Joyce…

En 1990, il est en résidence au CAC de Corbeil-Essonnes où il monte Novembre ou Ame d’hiverd’après les œuvres de Thomas Bernhard, Peter Handke, Heinrich Von Kleist, Heiner Müller, Rainer Maria Rilke, Sophocle, Botho Strauss, Christa Wolff, puis Les Suppliantes d’Eschyle qu’il traduit.

À partir de 1991, il s’installe à Juvisy-sur-Orge et crée avec Christian Jehanin “Ancrages”, collectif de metteurs en scène. Dans ce cadre, il crée Les Morts d’Othello – Visions d’Othello de William Shakespeare, Le Monologue de Molly Bloom d’après Ulysse de James Joyce avec Elisabeth Moreau et Si je t’oublie Jérusalem d’après William Faulkner en 1993.

Il crée Ambulance de Gregory Motton dans le cadre du festival Théâtre en mai à Dijon, spectacle qu’il reprend lors de sa résidence au CDN / Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, qui a lieu de 1994 à 1996 à l’invitation de Jean-Claude Fall. Il y crée quatre spectacles : Labyrinthes, une création collective “à installer partout”, L’Émastille du bol bleu de Thierry Paret et Antoine Caubet, Dramuscules de Thomas Bernhard – autre “spectacle à installer partout” -, Montagne d’après La Montagne Magique de Thomas Mann et Électre de Sophocle dans le cadre d’Enfantillages 96.

En 1997, dans le cadre de l’Académie Expérimentale des Théâtres, il passe un mois à Moscou à l’école de Vassiliev puis, à l’invitation du Carreau, à Forbach, il présente Dans le fond de ton cœur je scay de Thomas Aron.

En 1999, aux Bernardines à Marseille, il crée D’Erre rive en rêvière, une petite forme (pour un seul comédien, lui-même) composée à partir du premier chapitre de Finnegans Wake de James Joyce, dont il traite le manque, la disparition, “l’empêchement de dire” suite à l’interdiction de l’ayant droit de Joyce à utiliser le texte sur un plateau. Ce spectacle sera recréé en 2012, date de l’ouverture des droits de Joyce au domaine public.

En octobre 2000, à l’Échangeur de Bagnolet, il crée avec Cécile Cholet une “fantaisie” pour deux comédiens, dont lui-même, intitulée Campagne dégagée, sur le texte du Woyzeck de Büchner et qui sera présentée ensuite au CDN d’Angers puis aux Bernardines à Marseille.

Octobre 2001, création au Maillon à Strasbourg de Sur la grand’route de Anton Tchekhov. Après avoir été présenté dans le cadre de « Mettre en scène » à Rennes (novembre 01), le spectacle fut un mois durant au CDN / Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis (janvier 02), puis au Théâtre Jean Lurçat à Aubusson, aux Bernadines à Marseille, au Théâtre Garonne à Toulouse.

Il adapte et met en scène La Pluie, d’après Rachid Boudjedra, spectacle qui est répété et présenté à Alger en mars 2003, à Douai et à Paris en octobre 2003 à l’Institut du Monde Arabe dans le cadre de « Djazaïr – une année de l’Algérie en France ». De plus, il mène à l’INAD (le Conservatoire National Algérien) un travail sur Claudel avec les étudiants de deuxième et troisième année.

Acteur, il joue Golaud dans Pelléas et Mélisande de M. Maeterlinck sous la direction de Alain Ollivier au CDN / Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis et en tournée, en 2004 et 2005.

En mai 2004, il crée La Mi-Temps, d’un jeune auteur français, Jean-Paul Quéinnec, au Théâtre des Bernardines à Marseille et au festival Frictions à Dijon. Il passe commande d’un nouveau texte à cet auteur dont la création aura lieu au CDN de Dijon en février 2006 : Chantier naval.

A l’automne 2004, il est invité à Tokyo par le Setagaya Public Theater pour créer, avec 16 acteurs japonais, une pièce contemporaine japonaise de Aï Nagaï : Regarde l’aéroplane comme il vole haut dans le ciel.

Puis il met en scène Les Fusils de la mère Carrar de Bertolt Brecht à Châlons-en-Champagne et à La Comédie de Saint-Étienne en janvier et février 2005, spectacle repris au CDN / Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis en novembre 2005.

Pour la saison 2005-2006, il est invité, avec l’auteur Jean-Paul Quéinnec, à partager la saison du CDN de Dijon-Bourgogne où il crée À Voir avec la comédienne Cécile Cholet, puis Chantier Naval de Quéinnec en février-Mars 2006, avant de le jouer à Marseille au Théâtre des Bernardines.

De façon régulière, Antoine Caubet a une activité de formation auprès de jeunes comédiens, en 2000 à l’École du Théâtre National de Strasbourg, à Alger au Conservatoire national, puis plusieurs fois à L’École de La Comédie de Saint-Etienne.

Il mène aussi régulièrement une activité de formation auprès de comédiens professionnels dans le cadre de stages AFDAS, sur Le Soulier de Satin de Claudel en 2002, Shakespeare (Le Roi Lear,HamletOthello) en 2003, Le Chemin de Damas de Strindberg en 2004, Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare en 2006 à Dijon, et Feydeau : personnage, verbe et action à Paris en novembre et décembre 2006. Il est l’invité des CCF de Ouagadougou (Burkina-Faso) et Zinder (Niger) en juin et septembre 2006 pour y faire travailler un groupe de 16 acteurs sur Büchner, travail préparatoire d’un projet plus vaste en Afrique ces prochaines années.

Au printemps 2007, il est à nouveau l’invité du Setagaya Public Theater de Tokyo pour y mettre en scène Variations sur la mort de Jon Fosse, en tournée au Japon après la création à Tokyo.

Il crée en juin 2008 Roi Lear 4/87 d’après Le Roi Lear de Shakespeare, une traversée de la pièce pour 4 acteurs sans autre outil théâtral que le jeu dans une très grande proximité du public disposé en quadri-frontal autour des acteurs. Le spectacle sera repris en tournée et à l’Aquarium en déc. 2009

Enfin, il devient artiste associé au Théâtre de l’Aquarium à La cartoucherie de 2009 à 2012 sur la proposition de François Rancillac, directeur du théâtre. Ce sera l’occasion de présenter au public parisien, Roi Lear 4/87, puis de créer en 2010, Partage de Midi de Paul Claudel. Il propose alors aux spectateurs non seulement un voyage intérieur, du désir à l’extase amoureuse, puis à la faillite, mais aussi un voyage, au sens propre, un déplacement de la représentation de soi-même, en passant de salle en salle au fil des 3 actes de l’oeuvre.

Il joue dans De Gré de forces qu’il a créé avec François Rancillac, d’après le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie, petite forme théâtrale itinérante illustrant le thème de la saison et proposée dans les lieux publics et chez les particuliers.