Chantier naval

Chantier naval de Jean-Paul Quéinnec
Mise en scène Antoine Caubet • Assistante Adél Kollàr
Scénographie et costumes Isabelle Rousseau
Création des marionnettes et travail de manipulation Bérangère Vantusso
Lumières Eric Soyer • Son Valérie Bajcsa
Maquillages Sophie Niesseron • Régie générale Yvan Boivin
Photographe Bellamy

Avec : Cécile Cholet • Mireille Guerre • Olivier Horeau • Charles-Eric Petit • Hamid Remas • Emmanuel Texeraud • Laetitia Vitteau

Chantier Naval
Chantier Naval
Chantier Naval
Chantier Naval
Chantier Naval

 

 

Ma Cousine, jeune fille de grande banlieue parisienne ayant mangé trop de hamburger et trop regardé la télé, « des pieds comme des palmes », pense à Tata Raymonde, la communiste, figure tutélaire et énigmatique de la famille. Elle lui avoue en secret qu’elle vole chez Carrefour, c’est sa révolte à elle, elle n’arrive pas à comprendre les communistes ; mais aujourd’hui elle s’est fait prendre la main dans le sac, elle est relâchée, et affolée elle fuit sa banlieue jusqu’à La Rochelle, berceau de sa famille. Elle arrive au port de La Repentie et hop ! saute, et descend dans l’eau noire du port, devient une sorte de sirène qui nage et parle sous l’eau, régénérée par ce soudain changement de monde.

À La Rochelle, dans le quartier de La Pallice, rue Thomas Paine, vit une famille de chaudronniers des chantiers navals. Depuis des années, le chantier réduit la main d’œuvre jusqu’à peau de chagrin, et cette nuit-là, très tôt comme à l’accoutumée, François, son frère Lili, ses deux fils Claude et André vont saborder le superpétrolier qu’ils remettent à neuf et couler avec lui. Nine, serveuse dans un bar du port, les rejoint pour un ultime dialogue avec son époux André. Bientôt l’énorme carcasse sombre sous les yeux de la population de La Pallice qui s’est déplacée sous les harangues de Tata Guiguite, la sœur de François, au courant du projet. Tandis que les hommes se noient, les trois femmes, Ma Cousine qui a vu depuis le fond de l’eau le superpétrolier s’enfoncer, Nine qui s’échappe à temps du bateau et Tata Guiguite, décident d’aller réveiller Jacques, le dernier homme de la famille, trop saoul ce matin-là pour suivre son père et ses frères dans leur sacrifice.

Jacques n’est pas, n’est plus « de » la classe ouvrière, n’en veut plus, ne sait plus, veut rêver, veut boire et se laisser rêver. Les femmes l’exhortent à regarder, à être là avec elles au bord de l’eau qui engloutit leur famille et leur travail, leur vie.

Tous quatre partent alors, vers un ailleurs à 6000km de là, vers un pays comme une page blanche où une nouvelle vie doit s’inventer, tenter de s’inventer en contant la mémoire de leur vie.

Texte épique, légende de l’aventure contemporaine de la classe ouvrière, des métiers de la mer, Chantier naval est un poème dramatique qui raconte ce qui deviendra une très vieille histoire d’un moment de l’humanité. Cela aujourd’hui, sous nos yeux, dans nos oreilles.

Antoine Caubet

Production : Théâtre Cazaril, Théâtre Dijon Bourgogne, avec le soutien de Théâtre des Bernardines et FIJAD.

Théâtre Dijon Bourgogne du 28/02/2006 au 10/03/2006