ŒDIPE ROI

ŒDIPE ROI de Sophocle
traduction et mise en scène Antoine Caubet

avec
Pierre Baux : Œdipe
Antoine Caubet : Créon
Cécile Cholet, Delphine Zucker : Le chœur – Le coryphée
Éric Feldman : Le prêtre, Tirésias, le messager de Corinthe, le messager du Palais
Clotilde Ramondou : Jocaste
et Jean Opfermann : Le berger

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assistante mise en scène : Aurélie Van Den Daele
scénographie et costumes : Isabelle Rousseau
lumière : Jean Opferman, Antoine Caubet
Son : Valérie Bajcsa
Photographe : Hervé Bellamy
atelier costumes : Laetitia Letourneau et Anna Rizza
maquillages : Magali Ohlmann
régie Générale : Jean Opfermann
régie Lumière : Juliette Oger-Lion
régie son : Valérie Bajcsa et Mickaël Françoise

 

du 13 novembre au 15 décembre 2013, Théâtre de l’Aquarium.

Frappés par la peste, les habitants de Thèbes appellent à l’aide leur roi tant aimé, lui qui les a jadis sauvés des griffes de l’horrible Sphinx. Les oracles sont interrogés : la malédiction divine pèsera sur la ville tant que le meurtrier de l’ancien roi, Laïos, n’aura pas été découvert ! Alors Œdipe se mue en enquêteur et, avec une soif de savoir frénétique, convoque publiquement tous les témoins de cette affaire vieille de vingt ans – alors que lui-même vivait loin d’ici…

On connaît l’histoire : plus le puzzle se reconstitue, plus les preuves s’accumulent pour dénoncer… Œdipe lui-même ! Et plus l’évidence saute aux yeux de tous, moins Œdipecomprend qu’il est à la fois juge et coupable, puisque meurtrier de son père, époux de sa mère et frère de ses enfants. Plus il veut savoir, et moins il sait qui il est lui-même… jusqu’à ce que l’aveuglante vérité lui saute aux yeux.

Œdipe roi est souvent considéré comme la plus parfaite des tragédies grecques, un modèle du genre. D’une composition et d’une écriture effectivement extraordinaires, d’une émotion absolument intacte, ce chef-d’œuvre connu de tous reste néanmoins une énigme (comme Œdipe, qui croit se connaître, en est une pour lui-même) : comment jouer « ça » aujourd’hui, 2440 ans après sa création ?

Antoine Caubet, dans la suite de son Roi Lear 4/87, du Partage de midi et deFinnegans Wake, chap. 1, poursuit ici sa quête d’un théâtre qui s’invente comme en direct, qui interroge notre humanité dans l’immédiateté du face-à-face entre la salle et la scène : une expérience partagée pour une quête commune.

production : Théâtre Cazaril (compagnie conventionnée DRAC  Île-de-France),L’apostrophe (Scène Nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise), Théâtre de l’Aquarium,Adami “L’Adami représente les artistes interprètes : comédiens, danseurs, chanteurs, musiciens solistes, chefs d’orchestre. Sa mission est de gérer leurs droits en France et à l’étranger. Elle agit au niveau national et européen pour leur juste rémunération notamment au titre de la copie privée et des nouveaux usages numériques. Elle favorise également l’emploi artistique au moyen de ses aides à la création.“, avec l’aide à la production d’Arcadi Île-de-France et le soutien de la Ville de Paris (aide au projet)

 

Lucia di Lammermoor

Composition Gaetano Donizetti • livret Salvatore Cammarano d’après le roman de Walter Scott
mise en scène Antoine Caubet • direction d’orchestre Andrée-Claude Brayer

avec Isabelle Philippe, Juan Carlos Echeverry , Patrice Berger, Jean-Vital Petit, Vincent Billier, Mayako Ito, Marco Angioloni
chœur & orchestre Orchestre du Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise • assistante musicale & à la mise en scène Marie-Edith Le Cacheux 
chefs de chant Hiroko Ishigame, Anne Lise Saint-Amans 
costumes Virginie Merlin • scénographie isabelle Rousseau
conception lumière Jean Opfermann• réalisation des décors Lycée des métiers d’art et du spectacle, de l’industrie et du tertiaire, Jules Verne de Sartrouville

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Production L’apostrophe scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise • soutien & coproductionCommunauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, Ville de Gonesse
Création en Mars 2013, L’Apostrophe – Théâtre des Louvrais.

 

 

photos : ©Bellamy

 

Finnegans Wake – Chap.1

FINNEGANS WAKE – CHAP. 1
D’erre rive en rêvière

d’après Finnegans Wake de James Joyce

traduction Philippe Lavergne (Ed. gallimard 1982)

mise en scène et lumière Antoine Caubet

lumière Antoine Caubet, Pascal Joris, son Valérie Bajcsa et pour le violon Louis-Marie Seveno, photographe, film Hervé Bellamy, pantin Cécile Cholet, costume Cidalia Da Costa assistée d’Anne Yarmola, régie plateau et ombres Yunick Vaimatapako, régie lumière Pascal Joris, régie son Mathieu Bionnet
avec Sharif Andoura

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Livre hors piste, Finnegans Wake (publié en 1939) bouleversa la littérature contemporaine. Chacun des dix-sept chapitres est une variation du premier – qui fera à lui seul la matière du spectacle, et qu’on peut résumer ainsi : Finnegan, artisan couvreur, en prise avec l’alcool, sa libido et ses déboires conjugaux, glisse soudain de l’échelle et se casse la bobinette ! Réunis autour de sa dépouille, famille et amis ingurgitent des litres de Guinness et de whisky, et chantent la légende du héros du jour. Et bientôt c’est toute l’Irlande et toute l’histoire de l’humanité, depuis Adam jusqu’au jugement dernier, qui s’invitent au chevet de Finnegan… lequel s’envole dans les airs et va planer au-dessus de Dublin !…

Partant de ce petit conte, où le loufoque flirte avec le dérisoire, Joyce se fait donc griot de l’épopée du genre humain, brassant les civilisations, les cultures et les mythes. MaisFinnegans Wake est aussi un voyage à travers la langue, les langues : Joyce invente ici une écriture totalement inouïe, bricole comme un gosse des « mots-monstres » à base d’anglais, de gaëlique, de français, d’allemand, latin, grec et j’en passe, y glisse des onomatopées, des bruits de la nature et tutti quanti ! D’où une écriture abracadabrante et désarçonnante à première vue, qui devient un régal dès qu’on la met en bouche : alors seulement en explose la jubilation profonde et l’invention intarissable, qui ont tant marqué des auteurs aussi divers que Beckett et Novarina, Kerouac et Queneau. Incarnée le temps d’une représentation, elle surgit devant nous comme un langage inédit, étranger et pourtant évident, pour se raconter une histoire commune : la nôtre.

remerciements pour le spectacle : Cliona Chadwick, Éloïse, Ivan Boivin, Gérard Rocher, Lydia Sevette, le Théâtre des Quartiers d’Ivry et pour leurs voix : Benoit, Eléna, Ivan, Mihaly, Paulette, Virginie, Tonio

et pour leur soutien : André Topia et Daniel Ferrer ; l’École de la Cause freudienne et tout particulièrement Jo Attié, Jacques Aubert, Judith Miller, François Regnault ; Gaël Staunton pour le Irish Club ; l’office du Tourisme Irlandais ; le Centre culturel Irlandais ; la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent, le Centre culturel Italien, Jean-Marc Valay (The Dubliners) ; l’Ambassade d’Irlande en France 

production Théâtre Cazaril (compagnie associée à l‘Aquarium), Théâtre de l’Aquarium, L’apostrophe, scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise, Arcadi

Création le 17 janvier 2012, Théâtre de l’Aquarium.

Un Marie-salope

UN MARIE-SALOPE, RAFIOT POUR ODYSÉE CIEL TERRE MER
De Jean-Paul Quéinnec (Éditions Quartett, déc. 2010)

Mise en scène Antoine Caubet

Avec Cécile Cholet et Christian Jéhanin

Scénographie : Isabelle Rousseau
Son : Valérie Bajcsa
Lumière : Antoine Caubet
Photographe : Bellamy

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Nous naissons tous quelque part. Certains y font leur vie, d’autres se déplacent un peu plus loin, mais quelques-uns partent vraiment, ailleurs. Quéinnec invente un de ceux-là, Claude, qui a fui soudain La Rochelle pour Marseille, puis Lille, Paris, Angers, Montréalenfin, et carrément Chicoutimi, froide terre québécoise où il refait sa vie, adopte une enfant. Seulement Claude-leclaudiquant est un nomade, éternellement en transit : il décide soudain de rentrer dans la ville de son enfance, par la mer, en détournant un « Marie-Salope » – ce dragueur chargé de nettoyer le fond des ports pour permettre l’accostage des chalutiers.

De même, l’écriture de Quéinnec fouille et drague la tête de Claude, pour ramener à la surface souvenirs, visages et paysages : déchets enfouis dans la vase de la mémoire, témoins de toutes ces couches géologiques qui fondent la vie d’un homme, d’une époque. Claude repart et revient, se reconstruit et se défait, se libère et se perd, avec une voix pour seul fil d’Ariane, qui s’appelle ici Raymonde – à la fois sœur, mère, femme aimée, chauffeur de taxi ou ange gardien qui le talonne ou le console.

Avec lui, elle cherche le « fin mot de l’histoire » : pourquoi cette incapacité à se poser enfin ? Quelle culpabilité secrète, quel effroi commande à la fuite-marche incessante de cetUlysse d’aujourd’hui ? Flotte quelque part l’image terrible des boat people, de toutes ces populations éternellement déplacées, exilées, rejetées…
Antoine Caubet, artiste associé au Théâtre de l’Aquarium.

 

 

Coproduction : Théâtre Cazaril (Cie conventionnée par la Drac Île-de-France), Théâtre de l’Aquarium, avec le soutien de la Mairie de Paris.

Création le 9 mars 2011, Théâtre de l’Aquarium.

Partage de midi

Partage de midi
De Paul Claudel (version de 1905)
Mise en scène Antoine Caubet

Scénographie et costumes Isabelle Rousseau • Son Valérie Bajcs
Video, photographe Bellamy • Lumières Dominique Fortin
Régie générale Jean Opfermann

Avec : Pierre Baux • Antoine Caubet • Cécile Cholet • Victor de Oliveira.

Partage de midi
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Claudel est sans merci, ne fait grâce de rien : scrute l’embrasement de la passion entre Yséet Mesa, l’élève puissamment par le verbe jusqu’à la rendre cosmique. Puis laisse s’écraser cette grâce sur « le plancher des vaches », dans l’ordinaire nauséeux des histoires d’amour ratées, sordides et amères…

Amours trahies, corps exsangues au bord de la mort, vies disloquées. Au bout, qu’y a-t-il ? Comment regarder nos vies ? Leur accorder sens, beauté, vérité, quelque chose enfin ?

Claudel triture l’ordinaire condition d’être homme et femme, en demandant beaucoup à la rencontre avec l’Autre, ou plutôt en demandant beaucoup à chacun dans sa rencontre avec lui-même dans l’autre, par la force du verbe.

En 3 actes, Claudel trace le chemin d’un voyage intérieur, du désir à l’extase amoureuse, puis à la faillite. Du hall d’accueil à la grande salle de l’Aquarium, puis de l’atelier de décors à la petite salle, le spectacle propose aux spectateurs un voyage, au sens propre, un déplacement de la représentation de soi-même.

Antoine Caubet

Création au Théâtre de l’Aquarium, Mars 2010.

Coproduction: Théâtre Cazaril, La Comédie de Saint-Etienne, Théâtre de l’Aquarium.

RL 4/87

RL 4/87 d’après Le Roi Lear de William Shakespeare
Traduction Jean-Michel Déprats
Mise en scène, adaptation Antoine Caubet

Avec : Antoine Caubet • Cécile Cholet • Christine Guênon • Olivier Horeau

RL 4/87
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Création à l’Espace Louis Jouvet (Rethel) le 18/05/2009

Photos des répétitions. © Bellamy

 

Coproduction : Théâtre Cazaril, CCAS et la participation du Festival Escapades.

Chantier naval

Chantier naval de Jean-Paul Quéinnec
Mise en scène Antoine Caubet • Assistante Adél Kollàr
Scénographie et costumes Isabelle Rousseau
Création des marionnettes et travail de manipulation Bérangère Vantusso
Lumières Eric Soyer • Son Valérie Bajcsa
Maquillages Sophie Niesseron • Régie générale Yvan Boivin
Photographe Bellamy

Avec : Cécile Cholet • Mireille Guerre • Olivier Horeau • Charles-Eric Petit • Hamid Remas • Emmanuel Texeraud • Laetitia Vitteau

Chantier Naval
Chantier Naval
Chantier Naval
Chantier Naval
Chantier Naval

 

 

Ma Cousine, jeune fille de grande banlieue parisienne ayant mangé trop de hamburger et trop regardé la télé, « des pieds comme des palmes », pense à Tata Raymonde, la communiste, figure tutélaire et énigmatique de la famille. Elle lui avoue en secret qu’elle vole chez Carrefour, c’est sa révolte à elle, elle n’arrive pas à comprendre les communistes ; mais aujourd’hui elle s’est fait prendre la main dans le sac, elle est relâchée, et affolée elle fuit sa banlieue jusqu’à La Rochelle, berceau de sa famille. Elle arrive au port de La Repentie et hop ! saute, et descend dans l’eau noire du port, devient une sorte de sirène qui nage et parle sous l’eau, régénérée par ce soudain changement de monde.

À La Rochelle, dans le quartier de La Pallice, rue Thomas Paine, vit une famille de chaudronniers des chantiers navals. Depuis des années, le chantier réduit la main d’œuvre jusqu’à peau de chagrin, et cette nuit-là, très tôt comme à l’accoutumée, François, son frère Lili, ses deux fils Claude et André vont saborder le superpétrolier qu’ils remettent à neuf et couler avec lui. Nine, serveuse dans un bar du port, les rejoint pour un ultime dialogue avec son époux André. Bientôt l’énorme carcasse sombre sous les yeux de la population de La Pallice qui s’est déplacée sous les harangues de Tata Guiguite, la sœur de François, au courant du projet. Tandis que les hommes se noient, les trois femmes, Ma Cousine qui a vu depuis le fond de l’eau le superpétrolier s’enfoncer, Nine qui s’échappe à temps du bateau et Tata Guiguite, décident d’aller réveiller Jacques, le dernier homme de la famille, trop saoul ce matin-là pour suivre son père et ses frères dans leur sacrifice.

Jacques n’est pas, n’est plus « de » la classe ouvrière, n’en veut plus, ne sait plus, veut rêver, veut boire et se laisser rêver. Les femmes l’exhortent à regarder, à être là avec elles au bord de l’eau qui engloutit leur famille et leur travail, leur vie.

Tous quatre partent alors, vers un ailleurs à 6000km de là, vers un pays comme une page blanche où une nouvelle vie doit s’inventer, tenter de s’inventer en contant la mémoire de leur vie.

Texte épique, légende de l’aventure contemporaine de la classe ouvrière, des métiers de la mer, Chantier naval est un poème dramatique qui raconte ce qui deviendra une très vieille histoire d’un moment de l’humanité. Cela aujourd’hui, sous nos yeux, dans nos oreilles.

Antoine Caubet

Production : Théâtre Cazaril, Théâtre Dijon Bourgogne, avec le soutien de Théâtre des Bernardines et FIJAD.

Théâtre Dijon Bourgogne du 28/02/2006 au 10/03/2006

Les Fusils de la Mère Carrar

Les Fusils de la Mère Carrar de Bertolt Brecht
traduction Gilbert Badia • Mise en scène Antoine Caubet

Scénographie et costumes Isabelle Rousseau • Lumières Yvan Boivin, Antoine Caubet
Son Camille Houard • Photographe Bellamy

Avec : Eric Laguigné • Fany Mary • Elisabeth Moreau • Florent Cheippe • Clothilde Ramondou • Hamid Remas.

Les fusils de la mère Carrar
Les fusils de la mère Carrar
Les Fusils de la mère Carrar
Les fusils de la mère Carrar

 

 

La Comédie de Saint-Etienne du 02/02/2005 au 11/02/2005

Brecht a écrit Les Fusils de la mère Carrar pour répondre à la politique de non-intervention défendue par les démocraties occidentales vis-à-vis de la guerre civile espagnole.
En un acte -le temps que cuise le pain-, la pièce fait le récit du cheminement de Teresa Carrar, veuve de guerre, qui s’oppose au départ pour le front de ses deux jeunes fils.

L’un d’eux pêche en mer. Le frère de Teresa, venu chercher les fusils de son défunt mari, la presse, des villageois aussi. Carrar résiste de tout son être. Mais, devant le corps de son fils assassiné sur son bateau par une patrouille maritime alors qu’il pêchait de nuit, elle remet les trois fusils qu’elle tenait cachés.

Cette volte-face in extremis est-elle crédible ? Pour Antoine Caubet, le metteur en scène, l’acceptation de la mère ne sacre pas la fin d’un aveuglement, mais apparaît plutôt comme un cri de rage et de douleur, une sorte de suicide irraisonné :  » Il ne s’agit ici ni de drame de guerre, ni de théâtre militant. Il s’agit avec des corps, de la lumière, des sons, de décrire les tourments d’une femme qui veut seulement garder ses enfants vivants au milieu d’une guerre « .
Voilà ce qui fait la beauté cachée de cette œuvre : la vérité ne se situe pas seulement dans l’argumentaire, mais également dans l’autre dimension du langage : celle qui exprime les émotions et la souffrance. Et les affrontements qui animent la pièce ne sont autres que le reflet du déchirement intérieur de l’héroïne, sorte de mise en scène de l’éternelle conversation dont on s’entretient soi-même – la vie de l’esprit.

coproduction La Comédie de Saint-Etienne, Centre dramatique national – Le Muselet-scène nationale de Châlons-en-Champagne – le Théâtre Cazaril, avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

 

La Pluie

La Pluie d’après Rachid Boudjedra
Adaptation, mise en scène et lumières : Antoine Caubet
Scénographie : Boukhari Habbel
Assistant mise en scène : Samir Meftah
Interprètes : Hamid Remas et Malika Belbey
Technique : Abdelghani Mazouz (lumières), Madjid Mansouri (son)

 

La Pluie
La Pluie
La Pluie


Photos :©Bellamy.

La pièce de Rachid Boudjedra paraît initialement en arabe sous le titre de Journal d’une femme insomniaque ; le  » je  » de La Pluie est donc celui d’une femme. Médecin, célibataire et insomniaque depuis l’âge de la puberté, elle consigne avec fébrilité et douleur ses interrogations, ses angoisses et ses révoltes dans un journal qui se déploie sur six nuits. Unité de temps – lourd et visqueux – où se mêlent les saisons et les âges, unité de lieu dans cette chambre de la maison familiale où s’écrivent ces mots de résistance.
Dans son adaptation, Antoine Caubet a choisi de mettre en scène un homme ; il lui a donné pour consigne d’arracher les mots au texte de Rachid Boudjedra et de retrouver ainsi la force prométhéenne et créatrice de l’écriture. Mot à mot, le comédien façonne un visage, un corps, une mémoire, une pensée, des sensations qui sont celles de la femme du journal. Puis, sans effort, essaie sur lui-même les mots de sa créature sibylline. Peu à peu, les mots le transforment et lui révèlent de lui-même ce qui lui était invisible jusqu’alors.
Une comédienne apparaît alors sur le plateau. Femme créée par le théâtre, double de celle de l’écriture. Ombre et silhouette, elle symbolise la conscience trouble de Rachid Boudjedra, son démiurge.

Sur la grand’route

Sur la grand’route
de Anton Tchekhov
Mise en scène Antoine Caubet

traduction Simone Sentz-Michel Antoine Caubet
scénographie et costumes Isabelle Rousseau assisté de Emmanuelle Premel-Cabic
lumière Antoine Caubet et Yvan Boivin assistant lumière Bertrand Llorca
Photographe Bellamy

avec
Gaël Chaillat • Cécile Cholet • Vincent Dupont • Jacek Maka • Christian Montout • Elisabeth Moreau • Anthony Paliotti • Jean Pennec • Etienne Pommeret • Marie-Pierre Revelut.

 

Sur la Grand'Route
Sur la Grand'Route
Sur la Grand'Route
Sur la Grand'Route
Sur la Grand'Route

 

Ceux qui restent.

Ils passent… vont d’ici, cet improbable endroit « d’où l’on est », à là-bas… Jérusalem pour le pèlerin, une famille pour l’un, une affaire en ville pour l’autre, un lien si ténu soit-il qu’on a avec la vie comme elle va. Ce soir, ils se sont les uns après les autres réfugiés dans un abri, quelques planches sur le bord de la route où l’on peut passer la nuit au sec sur des bancs. Dehors c’est la fin de l’automne, il pleut, il vente, il fait froid et noir. Demain ils repartiront sur la route,
anonymes, séparés. Ils sont là, ensemble et solitaires.
Des voix fusent, des mots de rien, de petites histoires, une prière, le silence, un verre et une cigarette en attendant qu’on dorme un peu sur un banc. Certains n’ont rien dit, ne diront rien. Rien que l’humaine présence : premier théâtre.
Bientôt, tout doucement, Tchekhov concentre l’écriture sur l’un d’eux, ivrogne désargenté que l’on rudoie, renvoie,
refuse. Puis on apprend son histoire, et c’est toujours la même histoire pour tous, lamentable et dérisoire, une toute petite histoire, celle d’un homme délaissé par une femme et qui chute. Cela aurait pu être l’histoire de cette femme-là dans un coin et dont on ne saura rien, c’eut été alors…
Et voilà que face au malheur ordinaire, les solitaires et les anonymes se reconnaissent, se retrouvent et les voilà ensemble célébrant d’un verre offert, d’une place cédée à l’ivrogne pour qu’il dorme et oublie, leur communauté,
communauté infime et chaude, brutale et essentielle : second théâtre.
Et puis, troisième théâtre, sacrifice de Tchekhov au théâtre, la femme en question passe dans ce refuge ce soir-là. Moment improbable, rêve ou cauchemar de l’ivrogne, impossible rencontre, elle manque d’être tuée, châtiée par un autre, éclats, cris, voix dans la pénombre, elle s’enfuit, c’est fini, cela aura duré quelques minutes, tous sont là et attendent le jour pour repartir. C’est fini.
Cela aura duré une heure et quart, le public aura été près des acteurs car il faut être proche pour voir le petit, entendre la pauvre voix, il aura été assis sur les mêmes bancs que les acteurs, et lui aussi aura été convié à la naissance du lien, à la communauté d’un instant, celui où les êtres séparés se vivent comme espèce humaine, ceux qui restent.

Antoine Caubet

 

Création Le Maillon, Théâtre de Strasbourg le 18/10/2001
Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, CDN du 24/01/2002 au 17/02/2002

Production : Théâtre Cazaril, coproduction : Théâtre Gérard Philipe, Le Maillon, avec la participation du JTN et l’aide du THECIF et de la DRAC Ile-de-France.